Inauguration Campus Sanofi Val de Bièvre
39, rue d'Arcueil 94250 Gentilly le 1er juin 2015

Sanofi va ouvrir avant la fin de l’année sur son campus de Gentilly (Val-de-Marne) un laboratoire « 100% dédié à l’e-santé » intitulé « 39Bis », ont annoncé jeudi à la presse le directeur de Sanofi France, Guillaume Leroy, et la directrice de l’innovation, Isabelle Vitali.

La création de ce laboratoire sur un espace de 170 m2 au sein du campus « Sanofi Val-de-Bièvre » (photo ci-dessus) répond à la volonté « d’ancrer la stratégie numérique de Sanofi et de donner corps à cette démarche dans un lieu identifié », a expliqué Isabelle Vitali.

« L’idée est d’offrir aux collaborateurs de Sanofi, mais aussi à l’ensemble de l’écosystème de santé français un lieu d’ouverture et d’échanges sur l’e-santé », a-t-elle précisé, expliquant qu’il ne s’agissait pas d’un « énième incubateur » mais d’un espace d' »interactions », de « création » et d' »exposition » des technologies d’e-santé.

Le laboratoire « 39bis » (en référence à l’adresse du site) comprendra différents espaces modulables, dont un showroom, une salle de prototypage des solutions numériques de santé, une « salle d’idéation » et un espace « agora » pour organiser des rencontres et conférences.

Il sera ouvert à tous types d’acteurs et métiers: professionnels de santé, représentants de patients, start-up, étudiants, ou grands groupes technologiques, a énuméré la directrice de l’innovation de Sanofi.

Différents experts du domaine juridique, scientifique ou du monde des nouvelles technologies y seront invités à rencontrer des acteurs de santé. Le « 39bis » apportera une « offre complète de services et de formations » dans le domaine de l’e-santé, indique le groupe pharmaceutique dans un dossier de presse.

Arrivée à la direction de l’innovation de Sanofi en novembre 2016, après avoir exercé des fonctions similaires chez Roche, Isabelle Vitali a rappelé les actions du groupe dans le digital avec le développement de 20 sites internet pour les patients et professionnels de santé, 9 sites d’informations produits, et 10 applications mobiles de santé disponibles sur smartphone et tablette.

Sanofi a aussi développé avec la société Voluntis la solution de suivi de l’insulinothérapie Diabeo*, première application mobile liée à un dispositif médical communicant et à un service de télémédecine à avoir obtenu un avis favorable au remboursement de la Haute autorité de santé.

En septembre 2016, le groupe pharmaceutique a créé une joint-venture spécialisée dans le traitement du diabète avec la filiale santé de Google (groupe Alphabet).

Isabelle Vitali a par ailleurs évoqué 5 « e-solutions » développées par Sanofi avec différents partenaires, et actuellement en phase pilote. Elle a cité le serious game Socrate pour aider les médecins à détecter les signaux faibles des maladies rares, la communauté de partage d’images médicales entre professionnels de santé Medpics, l’application Coach Team de Nuit élaborée avec la start-up Umanlife, l’application Diab’Voyage qui fournit une aide pratique aux patients diabétiques en déplacement à l’étranger, et un fauteuil connecté pour évaluer le stress, élaboré par des étudiants au sein de l’accélérateur Schoolab.

Identification de « 5 besoins essentiels »

« Depuis près de 2 ans, nous avons mené un travail très large sur l’écosystème d’innovation en santé. Ce qu’on veut faire aujourd’hui, c’est travailler plus en profondeur en nous attelant à 5 besoins essentiels que nous avons identifiés en e-santé », a indiqué Isabelle Vitali.

Ces 5 chantiers portent sur le rôle du pharmacien d’officine, la pharmacovigilance et les apports du big data et de l’intelligence artificielle pour « détecter des signaux faibles », le diagnostic des affections cutanées avec l’idée de « déployer une banque d’images des affections », l’errance diagnostique dans les maladies rares et la vaccination.

« On n’arrivera pas forcément à des solutions concrètes sur l’ensemble de ces besoins, mais nous nous engageons à y travailler », a reconnu la directrice de l’innovation de Sanofi, expliquant privilégier une logique de « test and learn » où il faut savoir « accepter l’échec » en étant à la fois « ambitieux et humbles ».

En parallèle, le groupe pharmaceutique veut renforcer l’approche multicanale de ses relations avec les professionnels de santé. Il s’agit de « repenser les canaux avec lesquels on veut communiquer, redéfinir les informations dont les professionnels ont besoin pour pouvoir apporter la bonne information, au bon moment, à l’endroit où les différentes parties prenantes souhaitent l’avoir », a ajouté Isabelle Vitali.

Une quinzaine de personnes se consacrent spécifiquement à ces questions et interviennent en soutien des différentes équipes opérationnelles du groupe, a-t-elle précisé.

« Intention stratégique » de Sanofi

Interrogé par TICpharma sur les freins au développement de l’e-santé, Isabelle Vitali a reconnu les difficultés actuelles à évaluer les apports des solutions numériques de santé et à les inscrire dans des modèles économiques pérennes, notant toutefois des « évolutions encourageantes » en la matière, comme la publication par la Haute autorité de santé (HAS) d’un guide de bonnes pratiques sur les applications et objets connectés.

« Lorsqu’on parlait e-santé il y a encore un ou deux ans, on partait un peu la fleur au fusil. Maintenant, nous sommes dans une logique plus pragmatique », a-t-elle assuré, jugeant qu’il y avait tout de même un « important travail à faire » sur les modèles économiques, la réglementation et les aspects éthiques du numérique en santé.

« La technologie n’est pas la barrière à l’entrée de ce marché », a complété le directeur de Sanofi France, Guillaume Leroy. « La vraie barrière c’est la question de l’organisation nécessaire autour d’une solution pour qu’elle ait un impact qualifiable et qu’elle apporte de la valeur », a-t-il noté.

Il a estimé que la France était dans « une position idéale » pour traiter ce sujet, grâce à un écosystème de santé « exceptionnel » et de « grands centres de recherche fondamentale » mondialement reconnus.

Refusant de mentionner le montant investi par Sanofi dans l’e-santé, Guillaume Leroy a insisté sur « l’intention stratégique » du groupe sur ce secteur. « Sur la base de cette intention-là, on parlera ensuite de budget et d’investissements supplémentaires. Aujourd’hui on est encore en phase d’exploration », a-t-il déclaré.

 

Article par Raphael Moreaux sur TICPharma

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